Récit·Rentrée littéraire 2017

Les Passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui

IMAG0421[1]Encore une claque !! Quelques jours après la lecture, je l’ai encore en tête… Allez je vous raconte !!

Pendant quatre ans la ville de Daraya, à quelques kilomètres de Damas, est assiégée par l’armée de Bachar Al-Assad. Quelques-uns des habitants malmenés, effrayés, affamés quand ils ne sont pas tués, trouvent refuge dans les livres. Ces hommes souvent âgés d’une vingtaine d’années vont les chercher sous les décombres, dans des maisons en ruines désertées par leurs propriétaires. Ils les entreposent dans un sous-sol et crée ainsi une bibliothèque pour donner accès à tous à la culture. Les lectures sont variées, il y a de la littérature, de la poésie, des ouvrages politiques, scientifiques, du développement personnel… Enfin ils ont de la matière pour penser par eux-même.

C’est ce que nous raconte la journaliste Delphine Minoui, elle a passé de nombreux mois à recueillir les témoignages via internet, de ces jeunes hommes qui se battent dans tous les sens du terme pour leur liberté. On suit le parcours de Ahmad, Shadi, Omar, Jihad qui nous livre leur histoire, leurs combats et leurs espoirs. Leur quotidien est la guerre, mais pas seulement, c’est aussi les mots, les phrases, les livres qui leur ont permis de survivre dans ce chaos.

« Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. »

J’ai lu ce livre dans l’urgence, l’urgence de connaître ces faits dont on ne nous parle pas, l’urgence de connaître ces jeunes qui se battent tous les jours pour leurs droits et leur vie. Ils m’ont bouleversé ! Leur force, leur ténacité, leur niaque, leur envie de vivre, tout est remarquable.

C’est aussi une ode aux livres, aux pouvoirs des mots. Ils en parlent comme de leur bouclier mais aussi comme une source inépuisable de connaissances et comme de leur moyen d’évasion, leur porte vers le reste du monde alors qu’ils sont enfermés dans cette ville en ruine.

L’auteur écrit en toute humilité et humanité. Sa plume de journaliste est au service de leur cause mais pas seulement, son cœur de femme, de sœur, de fille et de mère donne de la sensibilité à ce document.

Bref vous l’aurez compris, c’est un livre coup de poing, qui reste un moment en tête. On se demande forcément où s’arrête le pire du genre humain… Mais le meilleur est beau !

Seuil, octobre 2017, 16€.
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