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Le bouquiniste Mendel de Stefan Zweig

19691398_10213819381337750_695581555_nTous les jours, de l’ouverture à la fermeture du café Gluck à Vienne, on peut y voir Jacob Mendel, tous les jours, à la même table depuis vingt-cinq ans. Monsieur Mendel lit. Des livres bien sûr, mais aussi des catalogues d’éditeurs. Il connait les nouveautés et ceux qui ne sont plus sur le marché, les auteurs, les dates de parution, il sait où trouver ces livres à travers toutes l’Europe. Sa mémoire et ses connaissances sont un puits sans fond ! Beaucoup d’étudiants, de riches collectionneurs ou de simples gens vont lui demander conseil. Mais Monsieur Mendel ne lit pas le journal. Alors quand la première guerre mondiale éclate, bien sûr il n’est pas au courant et franchement ça ne l’intéresse pas… Jusqu’au jour où… Il aurait peut-être du lire un journal !

« … mais il eut tôt fait d’abandonner Yahweh, Dieu rigide et unique, pour s’adonner au polythéisme étincelant et sans nombre des livres. »

Après quelques années d’abstinence je me replonge enfin dans l’oeuvre de Stefan Zweig, elle m’avait manquée ! Comme beaucoup de lecteurs, je suis une inconditionnelle de Stefan Zweig, c’est mon point de repère, c’est mon dieu, je n’ai jamais autant aimé les descriptions qu’avec lui. J’admire sa capacité à choisir les mots, simplement, parfaitement. Ses ouvrages sont rassurants pour moi, car je sais que je vais passer un bon moment. Bref je l’aime !! Je suis tombée sur ce titre au détour d’une lecture, alors ni une ni deux je commande. Et bim encore une fois, j’aime !

« … l’on ne crée des livres que pour se lier à d’autres, par-delà son propre souffle, et pour se défendre face à ce qui se dresse sans pitié contre toute vie : l’éphémère et l’oubli. »

Cette nouvelle fait 40 pages, 40 pages de descriptions, 40 pages sans retour à la ligne, 40 pages de souvenirs, de délicatesse, 40 pages d’ode aux livres, à la lecture, 40 pages de perfection !

Par cette nouvelle Stefan Zweig nous explique l’absurdité de la guerre, celle qui rattrape les gens qui vivent tranquillement, celle qui détruit les hommes. Il nous explique aussi l’importance de la connaissance, de la lecture et la culture pour s’ouvrir au monde. Quel libraire et même plus quel lecteur ne souhaiterait pas avoir la mémoire infini de cet homme, j’aurai aimé le connaître, m’asseoir à sa table et l’écouter me conseiller des ouvrages. Bref vous l’aurez compris c’est un gros gros GROS coup de ♥♥♥ 🙂

Les éditions du Cénacle, septembre 2014, 4,99€.

 

 

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