Rentrée littéraire 2015

La femme qui fuit de Anaïs Barbeau-Lavalette

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Anaïs Barbeau-Lavalette nous raconte l’histoire de sa grand-mère maternelle. Suzanne Meloche né en 1926 au Canada est une enfant étonnante et détonante. Presque devenue une femme, elle n’en fait qu’a sa tête, quitte sa famille et monte à la capitale. Elle y rencontre beaucoup d’artistes qui deviendront sa nouvelle famille. Elle aime cet atmosphère, cette odeur, ce touché, la peinture, la poésie, le dessin, elle y plonge à corps perdu. Les années se suivent, elle grandit, vieillit, découvre que la vie n’est pas toujours ce que l’on souhaite, fait des choix, voyage beaucoup et fuit surtout.

Ce personnage haut en couleur, l’auteur l’apprivoise au fil des pages. Cette artiste qu’elle n’a pas connue, cette grand-mère fantôme, grâce aux témoignages et aux rencontres, elle lui écrit une vie.

Ma super cliente me conseille encore, j’écoute, je tente et me voilà plongée dans cette lecture quelque peu originale et entraînante.

J’étais sceptique au début, je trouve les premières pages et premières années de la vie de Suzanne un peu rapides, un peu bâclées. L’auteur a peut-être passé rapidement sur ces années pour s’intéresser plus longuement à la vie de Suzanne adulte. Alors poursuivons la lecture !

« Tu dis que tu ne sais pas où regarder, que partout où tu poses ton regard, tu donnes de l’ampleur au malheur, tu le fais exister plus fort. »

Quelle femme je découvre ici !! Cette artiste qui a de la poigne, du panache, l’envie de vivre, d’aimer, de se sentir aimée est renversante ! Cependant elle m’a paru profondément égoïste. Elle a tellement fait souffrir ses enfants et les hommes qui l’ont aimée qu’elle m’était parfois antipathique. Mais je suis impressionnée par cette rage, jamais elle ne fait marche arrière, elle est entière et tant pis pour les autres… Ce récit donne à lire de magnifiques portraits de femmes libres, qui s’affranchissent des règles, du qu’en dira t’on, de leurs douleurs et souffrances. Le milieu artistique très controversé est superbement bien décrit aussi !

« – J’ai pratiqué des actes obscènes, mon père. – Sur vous-même ou avec un autre ? – Sur vous-même, mon père. »

Quant au style de l’auteur, j’ai adoré. C’est rapide, incisif, j’ai parfois eu l’impression de règlement de compte frontal avec ce « Tu » accablant. Pour moi Anaïs Barbeau-Lavalette raconte à sa grand-mère la vie qu’elle lui imagine avec ses enchantements et ses travers. Donc malgré un début de lecture mitigé, je suis contente d’être allée au bout. Merci Nicole 😉

Livre de poche, mars 2017, 7,60€.
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