BD

Pereira prétend de Pierre-Henry Gomont

Afficher l'image d'origineJuillet 1938, Lisbonne, dans la dictature sala-zariste, il fait chaud, très chaud! Doutor Pereira dégouline de sueur, il est journaliste, à la rubrique culture pour le Lisboa, journal catholique. Il est obèse et cardiaque. Il est veuf, sa femme est morte de la tuberculose, depuis il ne sait plus vivre. Il parle à cette morte tante aimée et se passionne les auteurs français Verser du 19ème. Un jour il rencontre un jeune journaliste, Monteiro Rossi, admirant ses écrits sur la résurrection, il veut le faire travailler pour la rubrique culture, il devra écrire la nécrologie d’auteurs qui ne sont pas encore mort. Le jeune homme ne va pas dans le sens souhaité, les textes sont subversifs, ce sont des pamphlets tout sauf patriotiques. Cette rencontre va bousculer la petite vie tranquille de Pereira. Est-il vraiment fait pour rentrer dans le moule? Faut-il se taire et obéir? Comment ne rien dire de la cruauté qui gangrène sa société?

« -Je m’occupe de culture, moi. Pas de politique ! – mais nous non plus, nous ne faisons pas de politique… Nous faisons l’Histoire. »

Cette BD est l’adaptation du roman éponyme d’Antonio Tabucchi. Elle m’a vraiment donner envie de le lire. Les dessins me chagrinent un peu, ce sont pour moi que des coups de crayon, un peu fouillis, sur certaines planches les personnages ne sont que des tâches noires, c’est un style qui est un peu difficile à appréhender pour moi. Les paysages et les vues citadines m’ont plus touchés, ce sont des croquis rapide qui me parlent plus que les personnages. Par contre les couleurs sont superbes, elles représentent très bien l’état d’esprit du personnage, elles éclairent la situation. Le ++ c’est la couverture, j’adore, j’adore ! Et étant donné qu’il n’y a pas de résumé sur la quatrième de couverture, c’est clairement ce qui m’a fait choisir !

Ce pauvre Pereira se laisse vivre en espérant sûrement que la fin sera proche et douce. Malheureusement quand on est journaliste dans un pays fasciste à cette époque charnière, on ne peut garder des œillères, ne pas voir les atrocités qui se jouent autour. Je me suis longtemps demandé s’il allait changer ou rester dans son confort, qui n’en est finalement pas un car ses problèmes de santé le rattrape. Les phrases narratives avec « Pererai prétend » sont judicieuses, cela remet la parole du narrateur en doute, faut-il vraiment le croire ? Au lecteur de juger ! Une belle découverte pour moi, l’histoire m’a transporter et ma donner envie d’aller plus loin dans ce contexte, peut-être avec le roman.

Sarbacane, septembre 2016, 24€.
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