Rentrée littéraire 2016

Petit Pays de Gaël Faye

9782246857334-001-xAutant vous le dire tout de suite, c’est pour moi le gros coup de coeur de cette rentrée littéraire 🙂 L’auteur de ce premier roman est rappeur, auteur et interprète. Pour découvrir ses textes c’est ici, notamment Petit Pays est magnifique.

« Un jour, j’ai demandé à ceux que j’aime de m’appeler Gaby au lieu de Gabriel, c’était pour choisir à la place de ceux qui avaient choisi à ma place. » Gaël Faye

Gabriel a dix ans, il vit au Burundi, son père est français et sa mère Tutsi. Il profite de sa jeunesse dans un quartier résidentiel, avec ses copains tels les maîtres de l’impasse, la vie coule paisiblement. Cette dernière commence à basculer lorsque ses parents se séparent et sa mère quitte le foyer familial. Puis c’est la guerre, au début des années 90, début d’un génocide et déjà un grand massacre, sa famille Tutsi est rapidement décimée. La sortie de l’enfance et de l’insouciance est brutale et violente. Comment un enfant de 11 ans peut se construire après une réalité vécue aussi dure ? Doit-il choisir un camp ? Comment peut-il rester neutre ? Vaut-il mieux choisir la fuite ?

Tant de questions auxquelles l’auteur essaie de répondre avec ses mots simples et un regard qui se veut encore un peu enfantin. Il utilise en effet des mots d’enfant avec parfois un peu de naïveté mais des questions existentielles surtout. Je me demande encore quelle est la part de réel dans ce roman ? Tout au long de la lecture, j’ai eu l’impression que Gaël Faye me racontait son histoire tellement l’émotion était présente. Les moments d’extrême violence sont alternés avec des moments d’insouciance, où Gabriel profite de la vie tout simplement. J’ai aimé le passage où Gabriel découvre les livres, leur pouvoir d’évasion et leur réconfort.

Niveau prix littéraire il n’était pas loin d’avoir le Goncourt mais non… Il est cependant lauréat du Prix du roman Fnac 2016 et du Prix du Premier roman 2016 et depuis peu  Goncourt des lycéens 2016. Ça fait plaisir 😉 Et nous on le lit au club des Lectures Éphémères des Sables d’Olonne 🙂

« La guerre, sans qu’on lui demande, se charge de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais. » Gaël Faye

Grasset, août 2016, 18€.
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