Rentrée littéraire 2015

L’homme qui fuyait le Nobel de Patrick Tudoret

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Encore un ouvrage sur Saint Jacques de Compostelle, mais on change de registre car il s’agit d’un roman.

Tristan Talberg est un auteur de talent, reconnu dans le monde littéraire. Un jour, le sacrement : il reçoit le prix Nobel de littérature. Petit hic, il n’en veut pas ! Depuis que sa femme n’est plus là, il n’écrit plus et fuit le monde médiatique alors pourquoi devrait-il subir tout le tapage entourant ce prix ? Il prend la poudre d’escampette alors que les théories vont bon train : enlèvement, suicide, meurtre… Où a-t-il bien pu partir ?!

Ses pas le mènent au Puy-en-Velay, il rencontre un couple de pèlerins qui le poussent sur le chemin de Saint Jacques alors qu’il avait toujours refusé de le faire avec sa femme. Un signe ? Sûrement ! En plein automne alors qu’il commence à neiger sur les Pyrénéens, il se lance et se prend au jeu. Il échange avec d’autres pèlerins, fait de belles rencontres comme Emilie, un lien fort se lit avec la touchante jeune femme, ce genre de lien qu’on tisse rapidement pendant des expériences courtes qui changent la vie. Il échange aussi avec lui-même et sa femme. Ira-t-il jusqu’au bout ? Et acceptera-t-il le prix tant convoité par les autres ?

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman, l’écriture très littéraire et les références m’ont fait un peu peur, mais finalement il m’a surprise très positivement. La difficulté n’a été que de courte durée car je l’ai dévoré en deux jours !! J’ai trouvé les passages de la fuite de Tristan amusants, j’avais l’image d’un papi qui court à travers le pays pour échapper aux médias ! La cause de sa fuite m’a parût assez juste, il n’est pas prêt à être sous la lumière, mérite-t-il ce prix, il ne le sait pas vraiment.

Ce roman est ponctué de lettres adressées à sa femme tant aimée, qui permet de bien comprendre la souffrance de cet ours solitaire, son souvenir est très touchant. Leur amour est lumineux et évident, ils donnent l’impression d’être des âmes sœurs. Le deuil est tellement difficile, la vie sans sa Yseult est un néant, elle n’a plus aucun but, aucun raison de se battre pour vivre tout simplement. On y trouve également de points de réflexion sur la foi, la littérature, l’art, l’homme dans ces mauvais et parfois bon côtés. C’est un roman qui permet de s’évader tout en réfléchissant sur des points importants de l’humanité, tout à fait ce qui se passe quand on est sur le chemin, c’était donc une petite piqûre du chemin qui fait beaucoup de bien et qui donne très envie de repartir ! Un coup de coeur donc !!

« … Écrivain par ennui, vivant par amour, sociable par défaut, misanthrope par instinct … »

« Je préfère juin Qui vérité blesse une tresse non mensonge Qui. » Titus

Grasset, octobre 2015, 18 €.
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