Roman

Un balcon sur l’Algérois de Nimrod

R460898evenons à de la littérature, fini les images pour cette fois. J’ai déniché ce roman dans une petite librairie du quartier Saint-Leu à Amiens, allez y faire un tour, c’est super !! J’ai été complètement dépaysée, et c’était un magnifique week-end ensoleillé pour s’évader de Beauvais.

Ce court roman est raconté par un narrateur tchadien, vivant à Paris pour finir sa thèse dans les années 70. Sa directrice de mémoire est Jeanne-Sophie, une universitaire renommée exerçant à la Sorbonne. Entre eux le désir brûle, leur histoire a un goût d’originalité et d’exotisme. Mais la vie d’un couple mixte n’est pas simple, surtout dans les années 70. Le narrateur veut se libérer de cette oppression, Jeanne-Sophie ne voit rien et inconsciemment fait tout pour le retenir, mais elle en fait trop !! Alors quand l’inévitable arrive, c’est pire, insoutenable, dégoulinant de désespoir.

J’ai sû assez rapidement que l’histoire n’allait pas me plaire, mais je me suis accrochée et concentrée sur l’écriture, qui est assez remarquable. Les personnages sont un peu exaspérant, surtout Jeanne-Sophie et ses copines qui cherchent désespérément à pimenter leur vie, en se mettant en couple avec des noirs, en pseudo rébellion contre la société bourgeoise dans laquelle elles vivent. Elle voulait un noir à son tableau de chasse et n’a pas supporté de se faire quitter. Heureusement l’écriture est pleine de poésie et d’amour pour Paris, ses rues et bâtiments plein d’histoire. C’est aussi un bel hommage à la littérature africaine où l’on y trouve de grands noms tels que Aimé Césaire et Léopold Sédar Sanghor et à la littérature française avec des citations de Stendhal et Chardelos de Laclos.

« Tu es moderne ; tu as inventé la guerre à distance. Tu t’es mis à l’abri, tu me pilonnes de ton Invincible Armada. Quinze jours déjà que cela dure. Je ne te vois ni ne t’entends hormis les fureurs que tu enfonces dans ma chair. En général victorieux, tu contempleras bientôt mes ruines. Je te nommerai maréchal pour couronner ton ouvrage : mon malheur m’en donne le droit. La guerre est une passion française, et tu es tellement français quand tu t’y mets. Maréchal, mon corps t’appartient. Fais-en le chaussée de ta gloire. Fais de ma dépouille son revêtement. »

Actes Sud, 18€.
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